Petit Sentier des Vallats
Caractéristiques principales
Plan de la randonnée
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Description de la randonnée
Le départ s'effectue depuis le vieux pont des Salettes, encadré par un platane et un peuplier ; un endroit ombragé, paisible avec une avifaune particulièrement importante. Parmi nos hôtes citons le merle noir, la fauvette mélanocéphale au chant si mélodieux, la sittelle, le coucou, le troglodyte, le rouge-gorge, le geai ou encore le loriot qui niche dans les hauts arbres non loin d'ici.
Cette station est intéressante par la nuance de sa végétation sous-arbustive et la population d'insectes très diverse ainsi attirée. Dont la curieuse panorpe ou mouche-scorpion aux quatre ailes tachetées, le mâle porte au bout de l'abdomen une glande qui rappelle l'aiguillon d'un scorpion. Totalement inoffensif. Ici aussi nous trouvons la prêle, plante sans fleurs représentant peu de modifications depuis ses ancêtres qui prospéraient il y a 200 à 300 millions d'années.
Avançons sur les méandres du sentier, les vertes colonnades des troncs d'arbres recouverts par le lierre nous conduisent sous un superbe tilleul à feuilles étalées à l'horizontale. A gauche nous observons sur le sable la descente des pins vers le creux verdoyant des peupliers et des chênes pubescents, en juin le parterre étant égayé par une orchidée, la céphalanthère rouge. Selon la saison, la chaleur et la lumière influent sur les parfums, ici entre les bouffées tièdes des résineux nous captions l'arôme soyeux des peupliers.
Bientôt les pins envahissent les alentours comme tant de brigands surgissaient du passé, car à présent c'est la balade du temps jadis et autrefois il était dangereux de s'aventurer ici dans ce Vallat du Maupas. Ce nom d'origine romane désigne un mauvais passage sur une voie antique.
Devant un arbre recouvert de mousse prenons la brusque montée à gauche pour arriver parmi la bruyère, le romarin, les cistes et les pins. Arrivant sur un chemin sablonneux bordé de petits peupliers noirs, nous tournons à droite vers une maison au loin et déjà aperçue au-delà d'un champ il y a bien tantôt trois cents mètres de cela.
Plus loin le sentier s'incline vers un bassin situé à droite, mini-biotope de la faune d'eau douce dans cette contrée où les cailloux poussent à vue d'œil. Attardons-nous peut-être dans cet endroit tranquille, repartons l'esprit serein ; mais au premier abord admirons au passage ces légers agrions au corps grêle (longueur 40 mm.) qui ne s'écartent guère de l'onde claire. Fragiles libellules ou corps rouge ou bleu annelé de noir, n'êtes-vous pas plutôt ces baguettes dont se servent les farfadets pour rédiger leurs mémoires à la lueur des lucioles ?
Nous nous dirigeons à gauche dans ce Vallat de Font Nouvelle ; un bruit soudain dans les buissons annonce la présence du lézard vert, le plus arboricole de nos sauriens, portant 98 dents dans la gueule et un appétit printanier pour les oisillons.
Une petite descente vers la gauche sous la charmille où peuplier, saule, églantier et aubépine bigarrent de violine et de clair l'étroit sentier. A cette étape dans le font du vallat, la végétation est luxuriante car le dépôt de la meilleure terre s'est effectué depuis bien longtemps grâce aux eaux de ruissellement. Remarquons sur le côté droit du chemin deux insolites dans ces parages, deux jeunes sapins de Nordman ou sapins du Caucase ; quelques aiguilles écrasées dans la main dégagent une odeur merveilleusement fruitée.
D'abord un passage parmi les troncs d'arbres recouverts de lichen, puis le sentier devient tortueux et encaissé ; nous sommes dans une mini-cluse de sable rouge où le lierre envahit parterre et arbres. Le milieu impose le genre de vie. Ici on voit pousser peu de plantes bisannuelles ou vivaces ; toujours capricieuse, la nature, pour nous offrir une palette variée adopte parfois une préciosité aberrante. Ainsi après le luxe de naguère, ici, en prenant congé du vallat, on nous présente avec simplicité deux petits genres de fougères.
Au chant du coq lointain et sitôt après le pin cassé nous montons par un escalier rustique et raide sous d'autres cieux. Après avoir contourné le ranch nous empruntons un chemin très agréable de sable saupoudré de cailloux ; à gauche la vue plongeante sur la plaine et Villes sur Auzon, puis le massif du Vaucluse, est tout comme la lumière, tamisée par le feuillage des pins omniprésents.
La promenade continue avec quelquefois sur le côté droit, soit un petit vignoble, soit des oliviers séculaires. Les pins toujours très odorants par bèu tems embaument l'air déjà chargé par le chant des cigales. Beaucoup plus loin dans un coudé droit nous entrons dans le sous-bois parmi les chênes et de hautes touffes de bruyère arborescente, ensuite auprès d'un minuscule cabanon nous rencontrons le sentier bleu. Après une traversée à découvert entre les cerisiers et vignes nous joignons le sentier vert pour le passage d'une pineraie d'une infinie sérénité, ensuite nous descendons brusquement dans le Vallat de Marquetton.
Rappelons l'îlot de sol siliceux de cette partie de la commune et constatons les différences qu'introduit dans la végétation l'état physique du sol : bruyères, callunes, châtaigniers, cistes, etc. Les méandres du parcours ombragé nous entraînent maintenant vers le plan d'eau des Salettes, la limite de l'état paisible de la nature est toujours nette ; au de-là le brouhaha des activités humaines nous guette.
© Copyright 2003, commune de Mormoiron