Sentier Saint Alban

Caractéristiques principales

Plan de la randonnée

randonnée







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Description de la randonnée

Nous sommes place de la mairie, devant l'église descendons par la ruelle en escalier, traversons tout droit pour emprunter la route qui mène vers l'école et la gendarmerie.

La première étape de cet itinéraire nous promènera le long de l'ancien chemin de Mazan ; route vicinale qui elle-même passe sur une voie romaine. Continuez en vous repérant sur le plan. Un bâtiment délabré de la carrière de gypse est visible à droite et à environ cent mètres de la route, dépasser son chemin puis, plus loin avant la dernière villa sur la gauche le sentier est fléché à droite entre les pins et les genêts.

Nous sommes au pied du versant sud de la colline du Limon, gravissons le sentier, remontons le temps en imagination. Nos pieds foulent le fond d'une mer tiède, de grands requins nagent autour de nous (coquillages et dents de squales se retrouvant aujourd'hui fossilisés dans le calcaire). Quelques millions d'années passent, reste une lagune insalubre et peu profonde, domaine des crocrodiles, s'étendant jusqu'au-delà de Mazan. Longtemps après la terre s'est élevée pour former cette colline marno-calcaire, le Limon ; ses carrières de gypse ont été exploitées jusque dans les années 50. Les ossements fossilisés d'un Paléothérium, sorte de tapir (1,50m au garrot) trouvés dans le gypse contribuèrent à parfaire nos connaissances des herbivores disparus.

Nous atteignons le haut du sentier et le splendide panorama vers l'ouest et le nord se dévoile devant notre regard. Ensuite, de petites montées en petites montées à travers les chênes verts, nous suivons la crête vers l'est pour surplomber le village avec le Ventoux en arrière-plan. Ici au printemps, les couleurs dominantes dans les espaces ouverts restent le bleu et le jaune : bleu franc des aphyllantes, jaune citron des hélianthums, un ensemble accentué délicatement par le rose tendre du thym dont les buissons en miniature sont jalousement convoités par les abeilles.

Nous abordons la descente avec une vieille murette à droite, au dessus les cultures en terrasses sont abandonnées aux ronces et aux diverses graminées. Les adventices croissent et la nature reprend ses droits ; aux arbres fruitiers d'autrefois il ne reste que les doigts squelettiques tendus vers le ciel dans un salut final.

Tout à fait en bas tournons à droite pour emprunter le Vallat de Roux. Le promeneur qui arrive à cette étape vers 10 heures durant l'été peut admirer deux aigles de Bonelli tournoyant dans l'azur, autrement il se contenterait peut-être avec le vol plané d'une buse variable.

La montée est faible ; cependant, à mi-chemin, un grand chêne pubescent nous offre le clair-obscur de ses branches. En haut du Vallat nous tournons à gauche avec de nouveau un mur de pierres sèches sur notre droite, un peu plus loin devant un ensemble de grands chênes pubescents nous partons vers la droite. La végétation guide le flâneur qui sait marcher d'un pas tranquille, et la nature s'exprime, discrète et complice à celui qui se montre curieux de ses richesses. Encadrés par les arbres et au delà du paysage proche nous apercevons au loin les dentelles de Montmirail.

Nous passons devant une maison ; sitôt après prenons à droite, montant en lisière d'une cerisaie pour s'approcher des ruines de Saint-Alban. Il agit de la ruine d'une chapelle romane édifiée au XIIème siècle et dépouillée sous la Convention pour être ensuite laissée à l'abandon, aujourd'hui face au temps et aux intempéries c'est un cimetière de pierres qui accueille le visiteur nostalgique du passé.

Laissons la ruine de Saint-Alban derrière nous et empruntons le sentier tortueux à travers ces étendues arbustives, une association dite sclérophylle, chêne vert, cade, genévrier et surtout remarquons ces buissons denses, austères et rabougris ne dépassant pas 40 cm de haut. C'est le chêne kermès ou avau en provençal, chêne nain dont la face intérieure des feuilles coriaces est dépourvue de poils. Les touristes dans le pays le traitent, ô boudiéu, de houx! L'arbuste est la plante hôte du kermès, petite cochenille qui produit une galle sur les feuilles. La galle, recueillie au printemps et desséchée, puis écrasée, donne une teinture écarlate célébrée depuis Pline. Du reste au Moyen-Age la "graine écarlate" récoltée sur le kermès avait une importance économique majeure. Le 1er janvier 1250 le Comte Barral des Baux concédait aux habitants de Bedoin des droits de pâturages, etc. y compris la permission de recueillir le vermillon contenu dans les "noix de galle".

Nous sommes au point culminant de la colline du Limon, altitude 350 m. et le sentier plonge vers la droite, ici la face Est du Limon est très escarpée, l'effet de hauteur est accentué aussi grâce à la vue plongeante sur la plaine jusqu'à la cime venteuse.

Traversons maintenant cet espace grisâtre et aride ; ici dans ces parages, depuis les plus chaudes journées de l'été jusqu'aux premières gelées, c'est le milieu des criquets aux ailes rouges ou bleues, deux espèces d'Oedipodes. Les couleurs et les dessins disruptifs dont l'effet est de rompre la forme, imitent à merveille le substrat sur lequel ils vivent. A notre approche ils déploient leurs ailes et s'envolent quelques mètres, la couleur éblouissante des ailes nous enchante et nous concentrons le regard pour voir encore mieux, puis soudain rien, ils disparaissent. En effet une fois posé et les ailes cachées, le criquet tourne à 45° pour se confondre davantage avec le sol. Une " couleur-éclair " pour se confondre de façon parfaite.

Un peu plus loin à la croisée des chemins descendons à gauche par le chemin caillouteux, que nous quittons ` droite au troisième coude. Un groupe compact de chênes et plus loin un grand pin d'Alep à gauche, veillent sur notre à bonne route.

Ainsi nous regagnons bientôt le village par ce chemin encaissé par les murettes construit souvent avec des blocs de gypse, minéral très facile à tailler. Les interstices des pierres offrent maints abris pour toute une population de lézards des murailles.

La promenade s'achève devant la fontaine en bas de la ruelle de départ ; l'eau vive de la source, fraîche et irisée de clairs ciels nous offre la volupté des baisers lustrés et sans peine.

*Sclérophylle : végétaux à feuilles persistantes en pays chauds et secs, feuilles petites, coriaces et enroulées sur elle-mêmes.

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